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Je décolle les étiquettes

Je décolle les étiquettes

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“C’est une timide - un vrai hyperactif - Bonjour princesse ! Tiens voilà notre ours ! C’est tout son père” ... Des étiquettes, nous pouvons en citer des centaines, négatives (le râleur de service, toujours en retard) ou positives (le clown de la famille, c’est un gentil).

Et vous, quelle est votre étiquette ? Celle que l’on vous colle depuis des années dans votre famille, parmi vos amis ou encore au boulot ? Tête en l’air ? Grande gueule ? Dévoué ? Intello ? maladroit ?

En avez-vous eu déjà assez d’avoir cette étiquette ? 

Et si vous étiez différents de cette étiquette, ça serait comment ? 

En effet, quand les adjectifs qualificatifs deviennent des noms ou les noms des surnoms, ils se transforment souvent en étiquettes bien collantes, tellement collantes qu’elles finissent par se confondre avec notre propre personne et nous enfermer dans des rôles limitants.

Comment se construit une étiquette ?

La construction de l’étiquette peut se faire de façon assez subtile. Elle peut partir d’une simple réflexion comme le raconte une des co-auteures des fameux ateliers de parentalité Faber & Mazlish : quand sa fille est née, elle a mis un peu de temps à pousser son premier cri et l’infirmière a dit “et bien, on a affaire à une petite entêtée !”. Sur le moment, la jeune maman met de côté cette remarque mais elle se rend compte par la suite qu’à chaque fois que sa fille oppose une résistance, elle fait le lien avec ce mot “entêtée” et finit par se dire que l'infirmière avait raison et que sa fille est bien une entêtée.

Pourquoi met-on des étiquettes ? Parce que c’est un moyen courant et rapide de se faire une idée de la nature de ce qui est devant nous. Les étiquettes constituent des raccourcis de pensée, nous allons vite et nous évitons ainsi la case observation et analyse.

Le problème est que dans la plupart des cas, les étiquettes catégorisent simplement quelqu’un ou quelque chose sans trop de précision. A force d’être répété, le nom ou l’adjectif qui décrivait ce qui était sans doute un fait ponctuel (casser un verre, faire une blague, râler …), se transforme en généralité, il finit par s’imposer à la personne et devient un moyen d’identification (par la personne elle-même et par par son entourage).

L’étiquette nous enferme dans un rôle

L’étiquette renvoie souvent aux normes et de ce fait aux stéréotypes. 

Parce qu’il faut aller vite, celui qui prend son temps va être taxé de “lent”, de “rêveur”. Parce qu’il faut réussir à l’école, le “mauvais élève” va être stigmatisé. Parce qu’une mère est censée penser d’abord à ses enfants, celle qui travaille beaucoup sera dite “carriériste” ou “non maternelle”.  

Les étiquettes se construisent donc d’abord au travers d’un regard extérieur : celui de la société, celui de l’école, celui de la famille … des lieux qui ont leurs codes, leurs règles, leurs cases … “sortir de la case” est source de nombreuses étiquettes.

L’étiquette vient aussi du regard intérieur, c’est à dire du regard que l’on porte sur soi et de la façon dont nous allons nous-même contribuer à ce que notre étiquette nous aille bien (“je ne préfère pas t’aider, je suis tellement maladroite que je risquerais de casser quelque chose”).

Beaucoup de ces étiquettes sont apposées à un très jeune âge. Or, les enfants ont souvent une grande confiance dans le regard que porte sur eux l’adulte (parents, professeurs des écoles, nourrice) ; ils vont donc croire très facilement ce que l’on leur dit mais également ce que nous pensons. Les enfants se saisissent en effet très rapidement de l’opinion que leurs adultes référents ont sur eux, opinion qui influence non seulement l’opinion qu’ils ont sur eux-mêmes mais aussi leur comportement. 

A l’adolescence, période changements et d'interrogation, les étiquettes peuvent peser lourdement sur le développement personnel. Puisque les étiquettes enferment, et portent souvent un message d'irréversibilité (“il est comme ça depuis qu’il est né”, “elle a toujours eu un côté princesse”), enfants, adolescents et adultes perdent confiance dans leur capacité à changer mais également à être perçus différemment. 

Les étiquettes peuvent conduire à assumer des rôles et à les intérioriser comme s’ils étaient réellement les nôtres, alors même qu’ils ne nous ressemblent que très peu, voire pas du tout. 

Quand l’étiquette devient injonction

Outre nous enfermer dans un rôle qui n’est peut-être pas le nôtre, l’étiquette peut devenir une injonction comme un ordre intérieur, surtout pour des personnes qui sont dans le besoin de plaire, d’être aimé. Les enfants sont les proies faciles de ces injonctions : s’ils ont été affublés d’étiquettes comme : “sage comme une image”, “petite fille parfaite”, “fils dévoué”, ils vont inconsciemment se sentir liés à cette image et croire que ne plus l’être serait une forme de trahison (de leurs parents, enseignants, entraîneur sportif… ). “Imperceptiblement, on bascule dans l’obligation de l’être et le rester, on trouve sa place dans le monde selon cette étiquette.”

Il est étonnant d’ailleurs d’observer que l’enfant maladroit va renverser son verre à chaque repas, l’enfant raisonnable aura fait ce qu’on lui a demandé quoiqu’il arrive, l’adolescent tête en l’air oubliera toujours quelque chose quelque part. Quand les personnes ont intériorisé leur étiquette, elles se comportent conformément à ce que l’étiquette définit. La force de cette identification est telle qu’elle pourra même se produire  en dehors du contexte dans lequel ces étiquettes ont été attribuées. Les personnes vont ainsi développer des attitudes qui n’ont rien à voir avec ce qu’elles sont profondément (le maladroit va tomber de la poutre en gymnastique, se prendre les pieds dans le tapis chez un ami, refuser toute opération manuelle délicate ….). 

Les étiquettes nous façonnent donc réellement en tant que personnes. Elles peuvent affecter considérablement la connaissance de soi, l’estime de soi et la motivation. Et dans la mesure où elles créent des attentes (de notre entourage et même de nous même), elles peuvent être source de stress (que se passe-t-il si je ne correspond pas à l’idée qu’on a de moi ?) mais aussi de privation, voire de dissimulation : le clown a-t-il le droit d’être triste ? La raisonnable peut-elle faire des bêtises ? La râleuse peut-elle avoir des vraies raisons d’être en colère ? 

Nous retrouvons à travers ce phénomène un travers que nous avons dénoncé souvent dans nos podcasts : associer le faire à l’être, c’est à dire confondre le comportement et la personne. Les étiquettes sont attachées à « l’être ». Elles définissent les personnes et non les actes qu’elles font, or on le sait, il est possible d’avoir un moment de faiblesse et de faire des erreurs, comme il est possible aussi de vivre une vraie réussite, sans pour autant que cette faiblesse, cette erreur ou cette réussite nous définisse.

Précisions également un autre côté vicieux de l’étiquette : si nous avons tendance à donner des étiquettes, nous pouvons logiquement penser que les autres en font de même avec nous. Ce système peut donc alimenter notre peur du regard de l’autre, peur d’être étiqueté à notre tour et donc d’être jugé.

Et si je me dégageais de mon étiquette ?

Nous vous proposons de partager avec vous plusieurs habiletés ; certaines d’entre elles sont empruntées aux ateliers de parentalité “écouter les enfants pour qu’ils parlent, leur parler pour qu’ils écoutent”, développés Adèle Faber et Elaine Mazlish.

Ces habiletés sont proposés aux parents ou tout autre éducateur pour améliorer la communication avec les enfants, mais elles sont transposables sans difficulté à nos propres situations. 

1 - je recherche les occasions de me présenter une nouvelle image de moi-même (si je n’y arrive pas, je peux solliciter mes proches) : par exemple, si je veux me dégager du rôle de “celle qui est toujours prête à aider”, je pense aux situations où je n’ai pas répondu à l’amie qui me demande souvent des services. Si je souhaite me débarrasser de l’étiquette de maladroite, je me rappelle la fois où j’ai rattrapé d’un main le bol de ma fille avant qu’il ne tombe alors que je tenais le plat de l’autre main.

2 - je me place dans des situations qui me permettraient de me voir d’un oeil différent : si je prends l’étiquette du St Bernard ou de la maladroite,  je peux par exemple appeler l’amie qui me demande des services pour lui demander à mon tour de l’aide ; entreprendre une petite construction de Kapla avec mon fils (sans me lancer dans la tour Eiffel !).

3 - je fais en sorte d’entendre des choses positives à mon sujet : j’interroge par exemple ma famille sur les situations où ils m’ont vu penser à moi avant les autres, où ils m’ont vu réaliser des choses avec habilité. 

4 - je me fais le coffre aux trésors de mes “bons coups” : à l’image de mon coffre à confiance (Bulle de Bonheur #7), je me remémore les fois où je n’étais pas comme mon étiquette veut me le faire croire.

5 - je change de vocabulaire : dès que le nom ou l’adjectif de mon étiquette me vient en tête, je le remplace par une description dans le présent de mon comportement (en ce moment, aujourd’hui …) - je remplace le verbe être (“je suis timide”) par un verbe d’action (“j’ai des difficultés à prendre la parole en public”).

5 - je fais preuve de bienveillance et je m’affirme : quand une étiquette est collée depuis longtemps, il n’est pas simple de s’en défaire, les mauvaises habitudes peuvent vite reprendre le dessus. Prenons l’exemple de l’étiquette de “la petite dernière”, et de la réunion de famille où j’accepte à nouveau (alors que je suis adulte et que je ne supporte pas mon étiquette) que mon avis ne soit pas pris en compte. Je peux alors exprimer mes sentiments et mes attentes : “ça me met en colère de me laisser faire comme “une petite dernière”. J’ai besoin d’être considérée comme une adulte autonome et responsable et j’aimerais que mon avis soit pris en compte” (nous avons aussi notre part à jouer pour que les autres nous voient différemment).

Comme nous l’avons mentionné, ce travail de “décollage” peut prendre du temps, surtout pour les adultes qui traînent ces étiquettes depuis des années. Les éducateurs ont donc un rôle vraiment important à jouer dans ce domaine : prendre conscience des étiquettes qu’ils donnent aux enfants, en famille et à l’école principalement (le bougeon, la chipie, la princesse, la casse-cou …) est primordial pour ensuite veiller à donner aux enfants une autre image d’eux-mêmes.

Se dégager d’une étiquette rend en effet plus libre, permet de se reconnecter à sa vraie nature et nous place dans une perspective d’évolution et de croissance pleine de richesse et d’ouverture.

En bref

  1. Coller des étiquettes nous rassure, nous donne des repères et permet d’aller plus vite dans notre appréhension du monde.

  2. L’étiquette donne une vision partielle de la personne et l’assimile à son comportement.

  3. L’étiquette n’est pas indélébile, elle se décolle.

  4. Sortir de ses étiquettes permet de rester curieux de l’autre comme de soi-même

A vous de jouer chers auditeurs, 2 mn pour penser à une étiquette qui vous colle à la peau ! Choisissez une ou deux habiletés et commencez votre travail de décollage !

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