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Je pratique l’autorité bienveillante

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Définition

Quand on cherche dans le dictionnaire, les définitions associées au mot autorité sont nombreuses. Cela en fait une notion complexe qui inclut différents aspects : écoute, respect, interdits, liberté mais aussi obéissance, pouvoir, soumission, abus, arbitraire. Exercer une autorité peut donc être la plus belle et la pire des choses.

Nous parlons aujourd’hui de l’autorité dans le cadre de la relation parents-enfants, même si certains principes sont à notre sens applicables à d’autres types d’autorités, comme celle exercée dans le monde professionnel. Nous allons donc l’envisager comme le fait “de faire grandir”, “d’autoriser à”.

A quoi sert l’autorité en éducation ? Elle permet d’apprendre à l’enfant à vivre en société, à accepter certaines règles nécessaires à la vie en communauté, à apprendre la patience, le partage, l’altérité et également le respect et le lien cause-conséquence.
C’est aussi un moyen pour lui de se confronter aux efforts et aux contraintes et de comprendre qu’il n’est pas le roi du monde !

L’autorité offre donc un cadre sécurisant à l’enfant pour vivre certaines de ses pulsions, satisfaire son besoin de plaisir et de décider, mais sans se faire mal. 

J’aime beaucoup l’image que le pédiatre Aldo Naouri utilise pour parler de l’autorité : il la compare aux parapets le long d’un grand pont suspendu ; l’enfant doit traverser ce pont pour arriver à l’âge adulte. Il peut avancer tout droit, en zig-zag, faire des demi-tours. Il va se heurter aux parapets, ce qui pourra le mettre en colère, voire lui faire mal. Mais sans ces parapets, l’enfant peut tomber, se blesser gravement et même mourir.
L’autorité est un devoir de protection que les parents ont envers leurs enfants.
Elle passe par conséquent par l’apprentissage des interdits, apprentissage qui nécessite la pose d’un cadre, comme nous allons le voir.

Autorité et culture

Avant de voir comment poser l’autorité, il nous semble important de préciser que l’autorité exercée dépend non seulement de notre éducation mais aussi de notre culture. Aussi est-il primordial de ne pas juger des modes d’autorités différents des nôtres. Re-situer ce mode d’autorité dans son contexte et dans les valeurs culturelles afférentes, permettra de comprendre le pourquoi de ces différences. 

Je me souviens ainsi avoir découvert avec surprise la vision de l’autorité par les peuples des premières nations du Canada. Sans prendre en compte leurs valeurs et leur culture, je n’aurais pas pu en comprendre le sens. La primauté du collectivisme fait que l’éducation repose sur le partage de l’éducation par la communauté tout entière et le principe fondamental de la non-interférence. Ainsi, une grande autonomie est laissée aux enfants, qui apprennent principalement par l’écoute, l’observation et l’imitation. Aucune règle coercitive existe, l’enfant tire les conséquences de ses actes. Notre regard occidental posé trop rapidement nous laisserait croire que les parents sont laxistes et les enfants rois, or il n’en est rien.

S’il est entendu que la violence (physique et psychologique) et les châtiments corporels sont à proscrire, il serait donc présomptueux de prétendre qu’un tel système est meilleur qu’un autre. Nous choisissons aujourd’hui de vous partager un modèle d’autorité très occidental, et nous tenons à préciser que ce modèle n’est ni universel, ni unique. Il correspond à notre société actuelle, qui a vécu de profonds bouleversements. L’autorité d’aujourd’hui est donc différente de celle d’hier et le sera peut-être de celle de demain.

Les différents types d’autorité

Un des changements de notre société s’est manifesté par les bienfaits reconnus à l’autorité partagée. La loi a même introduit le concept d’autorité parentale conjointe. Terminée la vision du père-gendarme et de la mère consolatrice ? Pas si sûr car il est difficile de se débarrasser de siècles d’histoire où la fonction d’autorité a été surtout exercée par les hommes, et de façon souvent très verticale ! La tendance actuelle est cependant de dire que “l’autorité n’a pas de sexe” et qu’elle est plus horizontale. D’ailleurs les enfants l’ont bien compris ! Ils demandent du sens, négocient, expriment leurs désaccords avec une facilité qui peut nous déconcerter.

Le partage de l’autorité implique une plus juste répartition des rôles ; comme le dit Jacques Salomé, l’homme est père et papa, la femme, mère et maman.
Ce partage nécessite également qu’il y ait une certaine cohérence entre ceux qui posent l’autorité ; il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout mais d’éviter de montrer ses désaccords devant l’enfant, ou de faire le contraire de ce que l’autre a dit.
La répartition des rôles relève aujourd’hui du domaine de la co-construction et de la négociation. Les questions “qui fait quoi?”, “qui décide de quoi?” font partie du quotidien des familles et doivent être régulièrement reposées. L’absence de repères et de normes extérieures rend la tâche plus difficile et nécessite écoute et dialogue. C’est la contrepartie d’une égalité plus présente entre hommes et femmes.
La question du partage d’autorité se pose également avec les grands-parents ou les beaux-parents. Pas simple d’aborder tous les sujets dans un seul podcast ! Mentionnons au moins que la cohérence reste de mise là encore et qu’être au clair avec les rôles de chacun peut éviter bien des déceptions et des conflits.

Si le principe de l’autorité partagée est posé, il n’en reste pas moins que le type d’autorité exercée par les éducateurs peut prendre plusieurs formes :

  • l’autoritarisme : le parent est dans un rapport vertical avec son enfant qui doit avant tout se soumettre à l’autorité et aux décisions parentales. Le parent ne cherche pas la coopération et il n’offre pas de choix à son enfant. Si l’enfant n’obtempère pas, le parent aura généralement recours à la punition pour rétablir son pouvoir.
  • la permissivité : le parent est soucieux du développement de son enfant, il pose des règles mais il s’attend à ce que l’enfant soit raisonnable, c’est à dire qu’il connaisse les limites et respecte les règles. Souvent, le parent permissif a des difficultés à gérer les oppositions et les frustrations de son enfant. Si ce dernier n’obtempère pas, le parent préfère céder plutôt que de vivre un conflit.
  • la démission : le parent abandonne son rôle de parent, par manque de disponibilité, par incapacité ou parce qu’il considère que son enfant (surtout à l’adolescence) est assez grand pour se débrouiller. L’enfant n’a plus de règles ni de protection, il se sent généralement perdu et abandonné.

Quand on interroge les parents pour savoir dans quel type d’autorité ils se reconnaissent, il est courant de les entendre dire qu’ils se reconnaissent un peu dans chacun d’elles ! Ils se retrouvent en effet souvent dans une sorte de cercle infernal, qui les fait passer d’un style à un autre : trop permissifs, ils regrettent et deviennent autoritaristes ; trop autoritaristes, ils culpabilisent et deviennent permissifs ou démissionnent et ainsi de suite… Personne ne s’y retrouve, c’est épuisant pour les parents et insécurisant pour les enfants qui ne savent jamais à quoi s’attendre !

Et si je posais un cadre bienveillant ?

Poser un cadre

Il y a différentes manières de poser des limites à un enfant, et le cadre sera souvent le reflet d’un type d’autorité :

  • on pose un cadre très restreint où contrôle et punitions disciplinent l’enfant 
  • on instaure un cadre plus souple où l’autonomie, l’apprentissage par l’erreur et l’imitation sont privilégiés 
  • on co-construit un cadre bienveillant, c’est à dire un cadre où l’enfant peut exercer une certaine liberté tout en étant protégé par des règles définies

Le cadre bienveillant est donc un repère fixe pour l’enfant, qui le sécurise sans l’étouffer, qui l’aider à grandir sans le contraindre. Rappelons nous que nous devons plutôt être des parents jardiniers (préparer le meilleur terreau et arroser la graine sans savoir quelle belle fleur elle donnera), plutôt qu’un parent potier (donner la forme qu’on veut qu’il ait).

En pratique

L’idéal est que les parents puissent construire à l’avance ce cadre. Quoiqu’il en soit, ce cadre évoluera en fonction de l’âge, des évènement mais aussi du comportement de l’enfant. Chaque cadre, en dehors des interdits légaux, sera propre à chaque famille.
Nous vous partageons aujourd’hui 2 outils proposés par APcomm dans le cadre de ses ateliers de soutien à la parentalité.

  • Le carré

Pour les parents d’adolescents, les auteures de la formation APcomm proposent de former le cadre par 4 côtés relativement égaux :

  1. ce qui est interdit : la loi (cigarette, alcool, ceinture de sécurité, violence…)
  2. ce qui est non négociable (souvent lié aux valeurs familiales : dire des gros mots, sortir seul…)
  3. ce qui est négociable (inviter un ami, sortie, temps des devoirs…)
  4. ce qui est libre (musique, livre, vêtements, sport…)
  • Le feu tricolore

Pour les enfants de moins de 6 ans, APcomm propose un outil plus adapté aux petits :

  1. feu vert : ce qui est autorisé, encouragé, valorisé (vider le bain, choisir une histoire, manger tout seul…)
  2. feu orange : ce qui est toléré pour des raisons temporaires ou exceptionnelles car l’enfant est “débutant” (il peut donc se tromper), car la situation familiale est difficile ou a changé (divorce, deuil…) ou encore parce que le parent a accordé une exception (qui doit rester exceptionnelle !! enfant malade par exemple).
  3. feu rouge : ce qui est interdit et inacceptable en raison du danger, de la loi et des valeurs familiales (fermeté totale).

Attention, le cadre doit être le plus équilibré possible !
Pas question non plus de le transformer en une longue liste de prescriptions ! Il est plutôt à envisager comme un repère, ou comme outil pour gérer des conflits ou des insatisfactions récurrentes, de la part des parents et/ou des enfants.

Qui dit cadre, dit règles et conséquences. Comment poser une règle ? C’est un sujet important que nous voudrions traiter en profondeur. Nous vous proposons donc d’en faire l’objet d’un autre podcast. Promis, il arrivera bientôt !

En bref

L’autorité est le tuteur qui va permettre à l’enfant de grandir.

  • Elle varie en fonction de l’éducation et de la culture.
  • L’autorité bienveillante, c’est la liberté dans un cadre.
  • Elle offre la sécurité et un espace suffisant pour se développer, tout en étant respectueuse de tous.
  • L’autorité s’incarne par le cadre, à la fois continu et évolutif, repère indispensable pour que l’enfant sache ce qu’il peut et ne peut pas faire.

Allez hop, je me lance !

Je visualise mon cadre ou mon feu tricolore et je remplis chaque côté ou chaque feu par 2 éléments qui me semblent importants pour le développement de mon enfant et que je voudrais mettre en place à la maison.

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