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Je sors des rapports de force

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Je me rends compte que certaines situations s’enveniment et cela crée des rapports de force insidieux que je n’arrive plus à gérer. Par exemple, la semaine passée pour rendre service à mon chum, je lui ai pris un RDV chez le médecin sans lui demander et il était furieux. Je me sens coupable quand ma fille me dit : ‘’maman tu n’es jamais disponible pour moi’’. Je suis énervée car un partenaire dans un dernier dossier a mal fait son travail, je lui ai fait une remarque et il m’a répondu si t’es pas contente t’as qu’a le faire toi même.Et la ca me chicotte, comment de petits commentaires anodins peuvent-ils nous faire sentir mal et faire monter une situation en escalade. Quels sont les schémas qui sont cachés derrière nos comportements ? Comment faire pour désamorcer ces conflits et ne pas les répéter?

Du fait que nous soyons chacun des êtres singuliers et uniques, porteurs de besoins propres, il est inévitable que nous ayons des désaccords avec notre entourage.
Quand nous y faisons face, il est courant que chacun défende son territoire, cherche à faire respecter ses besoins et ses valeurs et à y faire adhérer les autres. Ainsi, quand un besoin d’ajustement s’annonce, la tendance est de rentrer dans des rapports de force au lieu d’aller vers la coopération. Ce n’est donc pas le désaccord qui est problématique mais la façon dont nous allons le gérer.

Ces rapports de force sont présents dans tous les domaines : dans le couple, avec les enfants (les enfants savent aussi très bien les exercer), au travail, avec des amis et même lors de rencontres ponctuelles. Certaines disputes sont tellement répétitive qu’on pourrait à l’avance prévoir les répliques de chacun et imaginer la fin avec une porte qui claque, une bonne insulte ou un torrent de larme.

Prenons l’exemple d’un ado campé sur son lit en train de chatter sur les RS, sa mère rentre dans sa chambre, et lui demande “me dis pas que ton travail est fini” . l’ado énervé du ton inquisiteur de sa mère réplique “ je bosse depuis des heures…comme d’hab tu ne me fais pas confiance”. La mère piquée réplique, “ça n’a rien à voir, mais quand je vois tes notes je doute sur le temps que tu passe à travailler”. l’ado exaspéré répond “bla bla bla tu penses travail travail t’as que ça à la bouche travail travail” la mère énervé puisque tu me parles comme ça, je te prive de sortie samedi… et là crise..je vous laisse imaginer la suite… le nombre de fois que j’ai entendue cette histoire dans mes accompagnements…

Quels sont les jeux de pouvoir en place dans cette histoire ?

le parent qui prend le contrôle sur les sorties de son enfant : un fort jeu de culpabilisation : le parent qui culpabilise son ado pour qu’il travaille, l’ado qui cherche à mettre son parent en défaut dans son rôle d’éducateur

Le triangle dramatique, dit “triangle de Karpman”.

Cet outil d’analyse transactionnelle a été élaboré au cours des années 60 par Steve Karpman, psychologue américain et élève d’Eric Berne, pour mettre en évidence les rôles que nous jouons dans une relation négative, frustrante, décourageante. Selon ce modèle, nous avons tendance, dans ces situations, à jouer des rôles.
3 rôles ont été mis en avant : le rôle de Victime, le rôle de Persécuteur et le rôle de Sauveur. 3 rôles ne signifient pas nécessairement 3 protagonistes. En effet, 2 personnes qui interagissent l’une avec l’autre peuvent jouer ces différents rôles, les alterner et même les cumuler
Dans notre exemple : l’ado se sent victime d’un parent persécuteur, le parent persécuteur se sent persécuté par les notes de son enfant.

On sait qu’on circule dans ce triangle dès :
qu’on obtient un résultat contraire à celui que nous voulions
la sensation d’avoir dépensé de l’énergie à un échange peu productif
l’impression de s’être fait avoir
un sujet qui revient toujours sur le tapis

Prendre conscience des rôles que nous jouons et comprendre comment nous participons, souvent malgré nous, à ce triangle relationnel (le bourreau ne peut pas exister sans victime par exemple), est un moyen extrêmement efficace pour nous aider à sortir de ces rôles qui sont épuisants et destructeurs.

  • Le persécuteur

C‘est celui qui dit “tu ne sais pas”, “ tant pis pour toi” “j’ai raison”
Il prend le rôle de l’agresseur, de l’attaquant. Le persécuteur peut être une personne, mais aussi un élément abstrait (l’alcool, la société, un évènement …). Il est généralement perçu comme négatif, mais peut dans certaines situation, être perçu comme innovateur, initiateur, voire source d’une salutaire remise en question Le persécuteur a appris par expérience que les autres cèdent plus facilement quand il a un comportement excessif. Il est dénué d’empathie, se sent légitime pour appliquer ses règles et fait passer ses intérêts en premier. Le rôle de bourreau permet de libérer de l’agressivité et souvent de masquer un manque d’estime de soi.

  • Le sauveur

C‘est celui qui dit “les autres ont besoin de moi”, “je vais régler ça”,”laisse moi m’en occuper”
Il a le rôle du protecteur, du chevalier blanc. A première vue, ce rôle est perçu comme positif alors qu’il contribue souvent à renforcer la dynamique du triangle dramatique (il attend un persécuteur pour justifier son existence et une victime à sauver).
C’est un rôle très gratifiant d’un point de vue narcissique mais qui place la victime en incapacité. Le Sauveur finit souvent par s’épuiser et quand il réalise que la victime n’a pas “envie” d’être aidée, il lui en veut d’avoir abusé de son temps et de son énergie et peut devenir alors à son tour persécuteur.

  • La victime

C’est celle qui dit “je n’ai pas de chance”, “on m’en veut”, “je ne peux pas y arriver seule”.
Il s’agit du rôle de la personne qui subit l’agression du persécuteur, et qui a compris qu’on peut facilement obtenir de l’aide et attirer l’attention sur soi. La victime a tendance également à se déresponsabiliser (c’est de la faute des autres ou de la malchance). Bien que triste et insatisfaite, la victime ne cherche pas véritablement à échapper à son bourreau car cette posture de martyre lui confère aussi une existence. Elle compte sur autrui pour lui apporter force et joie.
C’est un rôle qui attire le sauveur et le persécuteur (une attente qui sera remplie ou non par l’entourage).

Comment s’en sortir en pratique ?

Prendre conscience de la situation

La première étape pour parvenir à sortir du triangle de Karpman est de prendre conscience de cette situation et du rôle que nous y jouons. Repérer tout d’abord “l’appat qui nous fait plonger dans le triangle” : réflexion, attitude, comportement … .

Mettre des mots sur les comportements et les traits psychologiques propres à chaque rôle nous permettra d’analyser les stratagèmes que chacun (nous, l’autre) met en place et qui nous maintiennent enfermés dans cette dynamique relationnelle. Cela peut être difficile car comme nous l’avons vu, chacun tire un intérêt de son rôle (attirer l’attention, se sentir utile, libérer son agressivité …), et la peur de perdre cette place peut nous empêcher de vouloir changer.

Il va donc être nécessaire dans un premier temps de passer du rôle d’acteur à celui d’observateur, pour ensuite redevenir acteur, mais un acteur de changement, capable d’agir différemment et de satisfaire nos besoins avec d’autres moyens

Sortir de son rôle

Si je me rends compte que je joue le rôle de la victime, il est nécessaire que je me concentre sur mes capacités. En cherchant dans mes expériences passées (je peux demander à mon entourage), je vais trouver des situations où j’ai été capable de me défendre, me faire respecter, de réussir seule. Identifier mes forces va m’aider à les mobiliser pour les utiliser et non attendre que la solution viennent des autres. Bien Sûr, je peux avoir besoin d’aide extérieure pour un point précis, cependant, c’est à moi de l’identifier et d’en faire la demande. Je dois prendre conscience que dans une relation, chacun est responsable de son bout de la relation et que rejeter la faute sur l’extérieur est un leurre.
En tant que sauveur, je dois prendre conscience que la victime m’en demandera toujours plus et que je suis en train de me vider de mon énergie. Je dois donc faire preuve de vigilance et veiller à ce que mon aide réponde à une réelle demande. Il est important également que j’ai le souci de laisser la “victime” autonome et responsable (l’inviter par exemple à trouver les outils qui lui permettront de s’en sortir par elle-même (thérapie, aides sociales, associations, etc.). Je dois accepter que je ne peux pas sauver le monde, et que mon besoin d’être aimé et d’aider peut être satisfait différemment.
Lorsque j’agis comme un persécuteur, je dois apprendre à gérer autrement mon agressivité et ma colère. Il est essentiel également que je modifie mon mode de communication pour m’adresser aux autres sur un ton moins autoritaire et moins critique. Il peut être utile aussi que je me demande de quoi je me cache en endossant ce costume de persécuteur.

Faire le miroir

Faire le miroir consiste à jouer le même rôle que votre interlocuteur. Ainsi, s’il joue la victime, vous faites la Victime, s’il joue le Sauveur, faites le Sauveur …. C’est une bonne façon de bloquer le jeu car vous évitez de jouer le rôle complémentaire. Cela lui envoie un message clair : vous n’êtes pas complémentaire et ne pouvez donc pas être son partenaire de jeu. Ainsi si quelqu’un vient régulièrement se confier à vous en se plaignant de ses difficultés (“personne ne me comprend, c’est toujours sur moi que retombent les corvées”), parlez lui à votre tour de vos problèmes, de vos ennuis et placez vous dans la position de celui qui attend de l’aide de l’extérieur.

Clarifier les propos

Demandez de clarifier très précisément ce qui est attendu de part et d’autre dans la relation peut aussi aider l’interlocuteur à prendre du recul et se décaler par rapport à son rôle. Utiliser les techniques de communication de la description (voir Bulle de Bonheur #31), c’est à dire être factuel et informatif, tout en restant bienveillant et le plus neutre possible va permettre de s’ancrer dans le présent et la réalité, et éloigner chacun des protagonistes du jeu affectif et émotionnel souvent présent dans ce type de relations.

En bref

  • La confrontation, les désaccords entre les personnes sont inhérents à notre nature humaine.
  • Quand le conflit devient destructeur, comprendre nos rôles, victime, sauveur et persécuteur, à travers le triangle de Karpman est une clé pour sortir de ce jeu psychologique néfaste.
  • Quitter notre rôle, faire le miroir, clarifier nos propos peuvent être des idées pour sortir du triangle.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour identifier une situation où vous vous sentez bloqué, mal à l’aise, coupable ou en colère. Regardez cette situation à travers le triangle de Karpman pour identifier les rôles de chacun et choisir ce que vous allez mettre en place pour provoquer un changement.

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